Conference abstract

La «leishmaniasis récidivants cutis»: une forme exceptionnelle de leishmaniose cutanée

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2017:4(130).04 Dec 2017.
doi: 10.11604/pamj-cp.2017.4.130.431
Archived on: 04 Dec 2017
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Keywords: Leishmaniose cutanée, leishmaniose lupoïde récidivante, Tunisie
Abstract

La «leishmaniasis récidivants cutis»: une forme exceptionnelle de leishmaniose cutanée

Hassène Baïli1, Souad Yahyaoui2, Nesrine Belgacem1, Sfa Trabelsi1, Najla Lassoued1, Maher Béji1, Salem Bouomrani1,&

1Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie, 2Direction Régionale de la Santé de Gabès, Gabès, Tunisie

&Auteur correspondant
Salem Bouomrani, Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie

Résumé

Introduction: les lésions cutanées de la leishmaniose sont très polymorphes et parfois inhabituelles (par leur aspect et/ou siège et/ou évolution) représentant un vrai défi diagnostique pour le clinicien. Nous représentons une observation originale de leishmaniose cutanée lupoïde et récidivante «Leishmaniasis récidivants cutis (LRC)».

Méthodes: Mr. M.A âgé de 43 ans, originaire de Sidi Bouzid et demeurant à Gabes fut exploré pour une lésion érythémato-papuleuse trainante siégeant au niveau de la face postérieure de l’épaule gauche, sans autres anomalies à l’examen clinique. Les examens biologiques de base étaient normaux. L’examen parasitologique n’a pas isolé des corps de leishmanies. Le patient était traité comme étant une leishmaniose cutanée avec régression nette de l’aspect inflammatoire de la lésion. Il reconsultait deux ans plus tard pour des poussées inflammatoires autour de la cicatrice de l’ancienne lésion et apparition de deux lésions papuleuses satellites.

Résultats: l’examen parasitologique était négatif à deux reprises. La biopsie cutanée montrait un infiltrat inflammatoire diffus, dense à prédominance lympho-plasmocytaire au niveau du derme, parsemé de micro-foyers de suppuration non spécifique. Un troisième prélèvement parasitologique péri-lésionnel révélait la présence de corps de leishman.Au cours de son hospitalisation, il y a eu apparition de deux nouvelles lésions érythémato-papuleuses en sous mamelonnaire droit et au niveau du dos. Ainsi la décision de traitement systémique par le glucantime en intra musculaire était prise avec une évolution marquée. Les lésions au cours de la leishmaniose cutanée sont très polymorphes. Les présentations erythémato-papuleuses rappelant le lupus (lupoïde ou lupus-like) sont rares. Leur fréquence est estimée à 0.5 - 6% dans les grandes séries (Gurel MS. 2002). La localisation dans les zones couvertes rend le diagnostic encore plus difficile. La LRC, bien que peut se voir jusqu’à dans 18% des cas dans les grandes séries (Charifi I. 2015), reste qualifiée comme unique et inhabituelle (Masood S. 2012, Charifi I. 2015). Ces récidives sont probablement liées à des changements dans l'immunité à médiation cellulaire conduisant à des lésions secondaires localisées ou diffuses (Masood S. 2012).

Conclusion: face à une lésion cutanée qui ne fait pas sa preuve, il faut toujours penser à la leishmaniose devant l’origine géographique même si l’aspect clinique, l’examen parasitologique et l’évolution ne sont pas habituels, en particulier dans les pays d’endémie comme le nôtre. L’éventualité de récidives ultérieures, même après un traitement bien conduit, doit aussi être présente à l’esprit.