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Un cas de leishmaniose viscérale chez un patient transplanté rénal

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2017:4(134).04 Dec 2017.
doi: 10.11604/pamj-cp.2017.4.134.342

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Keywords: Leishmaniose viscérale, transplantation rénale, glucantime
Abstract

Un cas de leishmaniose viscérale chez un patient transplanté rénal

Hend Kallel1,&, Nazih Chaouch1, Anis Baffoun1, Achraf Saaidi1, Jamel Manaa1

1Unité de Greffe des Organes, Hôpital Militaire, Tunis, Tunisie

&Auteur correspondant
Hend Kallel, Unité de Greffe des Organes, Hôpital Militaire, Tunis, Tunisie

Résumé

Introduction: la leishmaniose viscérale est une affection parasitaire dont le caractère opportuniste a été démontré. Nous rapportons le cas d’une leishmaniose viscérale diagnostiqué chez un patient transplanté rénal avec les particularités clinico-biologiques, diagnostiques, thérapeutiques et évolutives associées.

Méthodes: MM, âgé de 49 ans, transplanté rénal en octobre 1999 à partir d’un donneur cadavérique. Le patient a présenté en Mai 2007 une asthénie accompagnée d’une fièvre chiffrée à 40 degrés sans autres signes fonctionnels. L’examen physique était strictement normal. La NFS a montré une pancytopénie, la créatinémie était aux alentours de 124μmol/l, la CRP était à 114mg/l. Les hémocultures ont isolé un Staphylocoque coagulase négatif et la sérologie de Cytomégalovirus (CMV) était positive. Malgré les antibiotiques et la ganciclovir, l’évolution a été marquée par la persistance de la fièvre et la pancytopénie. Un myélogramme a été fait confirmant le diagnostic de la leishmaniose viscérale.

Résultats: un traitement par le glucantime a été débuté à la dose de 20mg/Kg/j. Le septième jour de traitement, le patient a présenté une pancréatite aigüe amenant à arrêter le glucantime pendant deux jours puis le reprendre. A noter que l’allopurinol a été utilisé après le glucantime pendant une année à la dose de 20mg/Kg/j. Le patient a gardé une bonne fonction rénale et il n’a pas présenté aucune rechute. La leishmaniose viscérale peut compliquer l’évolution de la transplantation d'organes et peut être mortelle, en particulier lorsqu’elle est non traitée. Les rechutes peuvent survenir après l'achèvement du traitement apparemment efficace. L’allopurinol pourrait être une solution pour éviter les rechutes.

Conclusion: le dépistage systématique d’une éventuelle infection par la réalisation d’une sérologie de la leishmaniose dans le cadre du bilan pré-greffe chez le receveur et chez le donneur reste la meilleure mesure préventive.