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Ischémie sous épicardique révélatrice d’un kyste hydatique cardiaque: une localisation insolite

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2017:4(168).06 Dec 2017.
doi: 10.11604/pamj-cp.2017.4.168.376

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Keywords: Kyste hydatique, cœur, ischémie myocardique
Abstract

Ischémie sous épicardique révélatrice d’un kyste hydatique cardiaque: une localisation insolite

Safa Trabelsi1,&, Nesrine Belgacem1, Hassène Baïli1, Najla Lassoued1, Maher Béji1, Salem Bouomrani1

1Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie

&Auteur correspondant
Safa Trabelsi, Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie

Résumé

Introduction: le kyste hydatique est une parasitose encore fréquente et qui peut toucher différents organes. La localisation myocardique reste exceptionnelle (0.5 à 2%) et se caractérise par sa longue tolérance fonctionnelle et son grand polymorphisme clinique et paraclinique posant de ce fait un véritable défi diagnostique et thérapeutique parfois difficile à résoudre. Nous rapportons une observation particulière de kyste hydatique cardiaque révélé par une ischémie sous épicardique.

Méthodes: patient âgé de 35 ans, sans antécédents pathologiques notables admis dans le service dans les suites d’un accident d’électrocution (380V) avec projection à trois mètres. L’examen somatique était sans anomalies ainsi que le bilan biologique de première intention. Devant la notion de douleurs thoraciques atypiques un ECG était demandé montrant des signes d’ischémie sous épicardique en inférieur et en latéral sans autres anomalies.

Résultats: la radiographie de thorax était normale. L’échographie cardiaque trans-thoracique montrait une masse tumorale bien limitée localisée au niveau de la paroi inféro-postérieure du myocarde. La coronarographie était sans anomalies, de même que l’holter ECG. L’IRM cardiaque ainsi que le coro-scanner objectivaient une masse de la paroi postéro-inférieure du VG dont l’aspect est en faveur d’un kyste hydatique. Cette hypothèse est confortée par l’association à une deuxième localisation hépatique type V et une sérologie hydatique positive. Le patient fût opéré et a reçu un traitement anti-parasitaire complémentaire. Les suites étaient favorables. Les anomalies ECG ont disparu en post-opératoire.

Conclusion: le kyste hydatique cardiaque est une tumeur exceptionnelle. Dans notre observation, l’absence de facteurs de risque cardiovasculaire et de tares sous-jacentes, l’âge jeune et la normalité de la coronarographie et de l’holter ainsi que la concordance de territoires et la normalisation électrique post opératoire permettent d’avancer un lien direct de causalité entre cette tumeur et l’ischémie sous épicardique.