Conference abstract

Prise en charge de l’hémoptysie d’origine hydatique

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2017:4(55).27 Dec 2017.
doi: 10.11604/pamj-cp.2017.4.55.254

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Keywords: Hémoptysie, kyste hydatique, echinococcose, traitement
Abstract

Prise en charge de l’hémoptysie d’origine hydatique

Zied Chaari1,&, Abdessalem Hentati1, Amina Abdelkbir1, Walid Abid1, Nizar Elleuch1, Imed Frikha1

1Service de Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire, CHU Habib Bourguiba Sfax, Tunisie

&Auteur correspondant
Zied Chaari, Service de Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire, CHU Habib Bourguiba Sfax, Tunisie

Résumé

Introduction: dans les pays du Maghreb, l’hémoptysie est le plus souvent secondaire à une cause infectieuse, contrairement aux pays occidentaux (où l’origine néoplasique est prédominante). On s’est proposé d’étudier les particularités de l’hémoptysie d’origine hydatique et d’évaluer sa prise en charge.

Méthodes: il s’agit d’une étude rétrospective, regroupant tous les patients pris en charge pour hémoptysie d’origine hydatique dans notre département entre janvier 2005 et décembre 2015.

Résultats: l’hémoptysie a été le signe révélateur de l’hydatidose pulmonaire chez 46 patients répartis en 24 hommes et 22 femmes. L’âge moyen était de 26 ans+/-15 ans (5-70 ans). Le délai moyen de prise en charge a été de 3 mois (1 jour et 12 mois). Cliniquement, l’hémoptysie était isolée chez 34 patients. Le kyste a été bilatéral dans 6.5% des cas avec un nombre moyen de 1.3+/-0.7 (1-4). Le kyste était radiologiquement compliqué chez 67% des patients. L’hémoptysie a été évaluée de moyenne à grande abondance chez 13 patients. La chirurgie a été indiquée en urgence pour 7 patients. La fibroscopie bronchique a été faite en pré-opératoire chez 11% des patients, et une embolisation a été tentée pour deux patients avec échec. La thoracotomie classique a été la voie d’abord préconisée chez 94% des cas. L’origine du saignement a été toujours une branche artérielle ou veineuse érodée par le kyste. L’hémostase a été assurée par suture élective (90%), par résection atypique (6%), ou par une résection réglée (4%). Les suites post-opératoires ont été compliquées dans 13% des cas: empyème (4.5%), bullage prolongé (4.5%), hémorragie (2%) et atélectasie (2%). Deux récidives (4%) ont été notées. La mortalité hospitalière était nulle dans notre série.

Conclusion: l’hémoptysie en cas d’hydatidose pulmonaire ne constitue pas en elle-même une indication à une résection réglée. Le bon traitement du kyste, ainsi que la cavité résiduelle, constituent le traitement de référence, permettant en même temps dans la plupart des cas de juguler l’hémoptysie.