Conference abstract

Les schistosomiases: aspects cliniques et thérapeutiques

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2018:7(22).23 Dec 2018.
doi: 10.11604/pamj-cp.2018.7.22.562

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Keywords: Bilharziose, schistosomiase, diagnostic, traitement
Oral presentation

Les schistosomiases: aspects cliniques et thérapeutiques

Nesrine Regaïeg1,&, Salem Bouomrani1

1Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie

&Auteur correspondant
Nesrine Regaïeg, Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie

Résumé

Introduction: la schistosomiase ou bilharziose est une parasitose encore fréquente et handicapante dans plusieurs pays du monde; en particulier les régions tropicales, subtropicales et se trouve favorisée par les eaux stagnantes. Sa présentation clinique est principalement urinaire et digestive selon l’espèce du schistosome en cause.

Méthodes: mise au point sur la clinique, le traitement et la prévention de la bilharziose.

Résultats: sur le plan clinique, il existe deux formes principales de schistosomiase: intestinale et urogénitale avec une corrélation anatomo-clinique et géographique établie par l’OMS en 2013: La schistosomiase intestinale causée par: Schistosoma mansoni (Afrique, Moyen-Orient, Caraïbes, Brésil, Venezuela, Suriname), Schistosoma japonicum (Chine, Indonésie, Philippines), Schistosoma mekongi (Plusieurs districts du Cambodge et de la République démocratique populaire lao) et Schistosoma intercalatum et S. guineansis espèce voisine (Zones des forêts tropicales humides en Afrique centrale), La Schistosomiase urogénitale causée par Schistosoma haematobium (Afrique, Moyen-Orient). Les signes précoces communs à toutes les espèces sont: A la phase immédiate (à la sortie de l'eau): prurit généralisé avec éruption érythémato-papuleuse et parfois des signes généraux; la régression est rapide en quelque jours. Le signes de Takayama est très spécifique (érythème localisé dans la région de la peau qui était en contact avec l’eau); A la phase d'invasion: une fièvre des safaris trois semaines en moyenne après l'infection avec fièvre, asthénie, prurit, parfois réaction urticarienne, troubles digestifs et hépatosplénomégalie. La phase d'état de la maladie est variable en fonction du parasite en cause. Pour la bilharziose urinaire: dysurie, pollakiurie et hématurie souvent terminale. Plus tard atteinte urétérale sténosante avec hydronéphrose uni ou bilatérale et destruction rénale progressive. Parfois on peut noter une localisation génitale avec comme manifestations chez l'homme: hémospermie, funiculite, épididymite chronique et chez la femme: dyspareunie, leucorrhées, hémorragies, prurit vulvaire. Pour la bilharziose intestinale: troubles du transit atypiques, coliques intestinales, parfois hépatomégalie, ictère et à un stade évolué une hypertension portale. D’autres signes exceptionnelles peuvent faire partie du tableau de la bilharziose (dits bilharziose extra intestinale et extra urinaire) et sont considérés, par certains auteurs, comme des complications de la maladie par migration erratique du parasite ou embolisation massive d’œufs vivants au niveau des anastomoses porto-caves. Parmi ces signes on cite: les atteintes cardiaques et pulmonaires (hypertension artérielle pulmonaire, insuffisance ventriculaire droite), neurologiques (hypertension intracrânienne, crises convulsives, myélite aiguë, compression médullaire, radiculite), cutanées (lésions papulo-nodulaires, végétantes et ulcérées, bilharziomes des organes génitaux externes, des régions périnéales et fessières). La confirmation diagnostique repose sur les phases suivantes: A la phase précoce: l’hyperéosinophilie sanguine et la positivité des sérologies parasitaires, A la phase d'état: le diagnostic direct repose sur la recherche d'œufs dans les urines du matin, de fin de miction, recueillies après effort ou bien la présence d'œufs dans les selles et parfois sur des biopsies rectales et vésicales. Le diagnostic indirect repose sur les sérologies. Plus récemment, l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers a mis au point de nouvelles méthodes de biologie moléculaire (PCR dans le sang, les urines et dans les selles) permettant un diagnostic plus spécifique et plus rapide. Le traitement repose sur le praziquantel (Biltricide®) à la dose de 40 mg/kg/j en prise unique et qui guérit toutes les espèces de bilharzioses.

Conclusion: vu les complications graves et parfois fatales de cette parasitose, un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée sont nécessaires. L’existence d’un traitement efficace et simple ainsi que les avancées de la biologie moléculaires ont nettement amélioré la prise en charge de cette maladie.