Conference abstract

La prévention de la bilharziose

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2018:7(23).23 Dec 2018.
doi: 10.11604/pamj-cp.2018.7.23.564

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Keywords: Bilharziose, schistosomiase, prévention
Oral presentation

La prévention de la bilharziose

Salem Bouomrani1,&, Nesrine Regaïeg1

1Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie

&Auteur correspondant
Salem Bouomrani, Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie

Résumé

Introduction: avec une répartition dans plus de 78 pays du monde, plus de 200 millions sujets infectés annuellement et plus de 200.000 décès/an, cette parasitose représente un vrai problème de santé mondiale surtout dans les pays pauvres. De ce fait la prévention reste le meilleur traitement aussi bien pour la population autochtone que pour les voyageurs.

Méthodes: mise au point sur la prévention de la schistosomiase.

Résultats: la prophylaxie de la bilharziose se conçoit à deux niveaux: une prophylaxie individuelle s’appliquant à des séjours temporaires qui est simple et efficace et une prophylaxie collective qui est plus difficile à réaliser et nécessite une stratégie globale de lutte contre l’endémie à l’échelle des pays et des populations exposés. A l’échelle individuelle, la prophylaxie de l’infestation consiste à: éviter le contact avec les eaux douces (baignade et activités de pêche dans les lacs de barrages et les rivières), le port de chaussures hautes et pantalons toile serrés aux chevilles et en cas de contact accidentel se frotter énergiquement avec une solution savonneuse ou alcoolique. Quant à la prophylaxie de la maladie elle se conçoit chez les sujets/voyageurs de retour d’une zone d’endémie et si contexte de contamination probable (contexte anamnestique, présence d’une hyperéosinophilie sanguine et sérologie bilharzienne positive). Elle consiste à prescrire; le praziquantel en prise unique à raison de 40 mg/kg et la prophylaxie collective qui repose sur; La lutte contre le réservoir de parasite (réservoir humain): par le dépistage et le traitement des sujets parasités par le Praziquantel et la lutte contre la morbidité; La lutte contre la transmission par l’inventaire des points d’eau à traiter, la destruction des mollusques à l’aide de molluscicides (niclosamide le plus utilisé), l’assèchement des canaux et la destruction périodique des végétaux aquatiques (nourriture des mollusques). La sensibilisation de la population locale et des visiteurs pour assurer une bonne hygiène des eaux (éviter d’uriner et de faire ses besoins dans les eaux douces). Un vaccin ciblant l’œuf du parasite (diminution de la fécondité et de la viabilité des œufs) est actuellement en cours (Bilhvax® de l’INSERM/Institut Pasteur de Lille en phase III au Sénégal et un deuxième vaccin de l’Institut Oswaldo-Cruz de Rio de Janeiro au Brésil). Il s’agite de vaccin thérapeutique couvrant 6 à 9 ans et ayant une synergie démontrée avec le praziquantel.

Conclusion: la morbi-mortalité importante de cette parasitose; avec en particulier l’augmentation du risque de l’infection par le VIH et la greffe de carcinome épidermoïde de la vessie incitent à appliquer des règles strictes de prévention aussi bien à l’échelle individuelle que celui collectif.