Conference abstract

Les rickettsioses: clinique, diagnostic et le traitement

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2018:7(24).23 Dec 2018.
doi: 10.11604/pamj-cp.2018.7.24.565

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Keywords: Rickettsiose, infection à tique, Tunisie
Oral presentation

Les rickettsioses: clinique, diagnostic et le traitement

Maher Béji1,&, Salem Bouomrani2

1Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Bizerte, Bizerte, Tunisie, 2Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Gabès, Gabès, Tunisie

&Auteur correspondant
Maher Béji, Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire de Bizerte, Bizerte, Tunisie

Résumé

Introduction: les rickettsioses, maladies infectieuses, réémergentes, polymorphes, potentiellement mortelles et mondialement répandues. Elles sont causées par les rickettsies qui sont des bactéries intracellulaires se colorant bien avec la fuchsine de Gimenez et qui infectent préférentiellement les cellules endothéliales. Le genre Rickettsia est divisé en deux plusieurs groupes: typhus, boutonneux et orientia. Les fièvres boutonneuses des montagnes rocheuses et méditerranéennes (deux formes cliniques de rickettsioses) ont été décrites respectivement en 1899 et 1910, uniquement sur la base de leurs caractéristiques cliniques (fièvre, céphalées et éruption cutanée).

Méthodes: mise au point sur la clinique, le diagnostic et le traitement des rickettsioses.

Résultats: le groupe typhus comprend deux espèces: Rickettsia prowazekii responsable du Typhus épidémique et Rickettsia typhi responsable du Typhus murin. Le groupe Orientia comprend seulement l’Orientia tsutsugamushi responsable du Typhus des broussailles et enfin de groupe boutonneux qui comprend principalement Rickettsia conorii subsp. Conorii responsable de la Fièvre boutonneuse méditerranéenne, Rickettsia rickettsia responsable de la Fièvre pourprée des montagnes rocheuses, Rickettsia africae responsable de la Fièvre à tiques Africaine, Rickettsia akari responsable de la Fièvre vésiculeuse ou Rickettsialpox et Rickettsia felis responsable de la Fièvre boutonneuse à puces. Les rickettsioses sévissent au niveau des continents Américain, Africain et Européen et au niveau du pourtour méditerranéen. L’incubation est de 6 - 7 jours et la maladie débute par l'escarre cutanée d’inoculation ou tache noire au niveau de la piqûre de la tique. Cette escarre est unique mais peut passer inaperçue. Puis s’installe un syndrome fébrile bruyant avec fièvre, céphalées et myalgies. Vers la troisième journée, et dans 97% des cas, apparaît une éruption maculeuse puis maculo-papuleuse au niveau du tronc et des membres puis sur tout le corps n’épargnant pas les paumes et les plantes avec une évolution centrifuge). Cette éruption peut être quelque fois purpurique dans les formes sévères. L’éruption dure de 10 à 20 jours et finit par une fine desquamation. Des manifestations viscérales graves peuvent rarement se voir, en particulier chez les enfants et les sujets fragiles, à type de: hépato-splénomégalie, atteintes cardiovasculaires, neurologiques, pleuro-pulmonaires et rénales. Ces formes sévères se voient dans 5 à 6% des cas avec une mortalité de 2,5%, principalement par péri-myocardite et défaillance multi-organique. Le diagnostic positif repose principalement sur les sérologies (immunofluorescence indirecte, Western blot et réaction de Weill et Félix). Plus récemment d’autres méthodes se sont révélées très utiles pour ce diagnostic: la biologie moléculaire (PCR et RT - PCR) et les tests de diagnostic rapide particulièrement pour O. tsutsugamushi. Le traitement repose sur la Doxycycline 2,2 mg/kg/12h (200 mg chez l'adulte, 5 mg/kg chez l'enfant) et plus rarement le chloramphénicol chez l'enfant (50 - 75 mg/kg/j), chez l'adulte (500 mg/6 heures), les fluoroquinolones (ciprofloxacine 750 mg x 2/j) ou la clarythromycine: 15 mg/kg/j. Le traitement est continué au moins 3 jours après l'apyrexie. Dans les formes sévères: vibramycine IV 200 mg, puis la doxycycline pendant 10 jours.

Conclusion: les rickettsioses ou infections à tiques sont des infections relativement fréquentes dans les zones tropicales et le pourtour méditerranéen. Elles sont souvent négligées mais peuvent parfois être très graves avec des atteintes viscérales sévères. La prévention reste primordiale et l'examen fréquent de la peau après passage en zone infestée est recommandé aux voyageurs car l'attachement des tiques doit durer longtemps pour causer la maladie (20 heures par exemple pour transmettre R. conorii).