Conference abstract

Prévalence de l’infection a cytomégalovirus chez les receveurs de reins

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2017:4(167).06 Dec 2017.
doi: 10.11604/pamj-cp.2017.4.167.480

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Keywords: Cytomégalovirus, infection, greffe rénal
Abstract

Prévalence de l’infection a cytomégalovirus chez les receveurs de reins

Bouthaina Zannad1,&, Manel Kharroubi2, Lilia Ben fatma2, Rania Kheder2, Wided Smaoui2, Madiha Krid2, Lamia Rais1, Soumaya Beji2, Karim Zouaghi2

1Service Hémodialyse, Polyclinique CNSS El Omrane, Tunisie, 2Service Néphrologie, Hôpital La Rabta, Tunisie

&Auteur correspondant
Bouthaina Zannad, Service Hémodialyse, Polyclinique CNSS El Omrane, Tunisie

Résumé

Introduction: l’infection à Cytomégalovirus (CMV) chez le patient transplanté rénal peut mettre en jeu le pronostic vital mais aussi la survie du greffon vu l’augmentation du risque de rejet aigu d’où l’intérêt d’une prophylaxie.

Méthodes: nous rapportons une série de 61 patients transplantés du rein et mis sous prophylaxie anti–CMV et nous étudions la prévalence de l’infection à CMV dans notre série. La prophylaxie anti–CMV proposée dans notre série est la Valaciclovir (Zélitrex*) dès J1 de greffe rénale pendant 3 mois si le profil CMV est D+ /R+ ou D-/R+ ou D-/R- et pendant 6 mois si D+/R. Nous réalisons la sérologie CMV à J1, J7 post greffe rénale ainsi qu’au 3ème mois, 6ème et 12ème mois après la transplantation rénale. Pendant la période de l’étude qui s’étend de Décembre 2011 à Juin 2016, nous avons colligé 2 cas d’infection à CMV soit 5%. Comme 1ère observation: il s’agissait d’un patient âgé de 43 ans transplanté rénal par un donneur vivant apparenté. Le profil CMV était D+/R+. Après la transplantation rénale le patient a été mis sous traitement prophylactique par Valaciclovir pris pendant 25 jours puis arrêté par le patient. Il présentait 30 jours après l’arrêt du Valaciclovir, une diarrhée avec fièvre et à la biologie une leucopénie, une CRP élevée et une créatinine à 1,3mg/dl. Une PCR CMV en temps réel est fortement positive. Le traitement par Ganciclovir a été instauré avec évolution favorable et PCR CMV négative. A J21 de Ganciclovir on a noté une aggravation de la leuco-neutropénie. Après 12 jours d’arrêt de Ganciclovir, le taux de globules blancs est revenu à la normale spontanément. La deuxième observation était porté sur une patiente A.N âgée de 41 ans, transplantée rénale à partir d’un donneur vivant apparenté et un statut sérologique D+/R+ mise sous prophylaxie par Valaciclovir pendant 90 jours. Elle a présenté une insuffisance rénale aiguë (IRA) (créatinine passant de 176 μmol/l à 316 µmol/l) à 3 mois post transplantation rénale. La biopsie du greffon a montré un rejet aigu humoral Borderline et elle était mise sous Rituximab et Immunoglobulines intraveineuses. L’évolution était marquée par la stagnation de la créatinine. Devant l’IRA, la leucopénie et la thrombopénie une PCR CMV a été pratiquée revenue positive, et la patiente a été traitée par Cymévan pendant 21 jours. L’évolution a été marquée par la normalisation du bilan hématologique et l’amélioration de la fonction rénale (Créatinine = 132 µmol/l).

Résultats: dans notre centre, nous préconisons la prophylaxie anti-CMV systématique par Valaciclovir. Le 1er cas d’infection à CMV que nous avons noté est survenu chez un patient qui n’avait pas pris le Valaciclovir. Chez la deuxième patiente, l’infection à CMV est survenue à l’arrêt de la prophylaxie dans un contexte de forte immunosuppression pour un rejet humoral.

Conclusion: le faible effectif et le recul court dans notre étude ne permettent pas de conclure. Des études plus larges seront d’un grand apport.