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Le délire de parasitose (ou syndrome d’ekbom): à propos d’un cas

Pan African Medical Journal - Conference Proceedings. 2017:4(58).27 Dec 2017.
doi: 10.11604/pamj-cp.2017.4.58.257

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Keywords: Délire, parasitose, syndrome d’Ekbom
Abstract

Le délire de parasitose (ou syndrome d’ekbom): à propos d’un cas

Maroua Daoud1,&, Latifa Ghanmi1, Houda Ghorbel2, Sameh Elleuch1, Khalifa Zitoun1

1Service de Psychiatrie, Hôpital Régional de Gabès, Tunisie 2Service des Maladies Infectieuses, Hôpital Régional de Gabès, Tunisie

&Auteur correspondant
Maroua Daoud, Service de Psychiatrie, Hôpital Régional de Gabès, Tunisie

Résumé

Introduction: le syndrome d’Ekbom ou le délire dermatozoïque est une pathologie rare caractérisée par la conviction inébranlable qu’un parasite grouille sous la peau. C’est une pathologie, aux frontières nosographiques floues et qui convoque plus souvent les somaticiens que les psychiatres.

Méthodes: dans ce travail, nous rapportons le cas d’un homme de 60 ans, qui nous été adressé par son médecin traitant pour « la conviction d’avoir des vers dans les intestins ». Monsieur M. âgé de 60 ans, est marié, sans enfants. Dans ses antécédents familiaux: sa mère était suivie pour une bouffé délirante aiguë. L’histoire de la maladie remontait à deux ans, suite à un conflit familial, marqué par l’installation progressive d’épigastralgies associées parfois à des vomissements. On note aussi un amaigrissement de 25 kg en 1 an avec une diminution de l’appétit. Devant cette symptomatologie le patient a consulté plusieurs médecins et une série d’explorations (examen parasitologie des selles, fibroscopie oeso-gastro-duodénale, échographie abdominale, scanner abdominal) faites étaient toutes normales. Devant ces convictions, l’évolution a été marqué par l’apparition de conduites bizarres à type de lavages rectaux quotidiens afin de se débarrasser des vers et de consommer un demi litre d’essence et un demi litre de vin afin de tuer ses vers.

Résultats: à l'examen, le patient était anxieux, triste, pessimiste et craignant qu’il est infesté par des vers et en montrant même des photos de ce qu’il croyait être « des vers ». Il présentait un délire d'infestation, à mécanisme cénesthésique. L’évolution était favorable sous traitement neuroleptique.

Conclusion: le délire de parasitose est probablement plus fréquent qu'on ne le décrit. Son expression somatique peut faire leurrer le clinicien, au prix d'une inefficacité du traitement symptomatique et d'un coût important.